Congrès de l’Istiqlal: « J’ai honte pour mon pays! »

isti

par Larbi Alaoui

Décidément, l’unanimité est quasiment générale. Militants, sympathisants, adversaires politiques, et même monsieur Tout le monde, font le même malheureux constat. Certains le pensent tout haut, d’autres ne le pensent pas moins: le parti de la Balance a commencé, depuis un certain temps déjà,  à ne plus peser très lourd sur la scène politique nationale et sur l’opinion publique.

Qu’ils sont loin les temps bénis ayant vu la fondation du Comité d’action marocain par Feu Allal El Fassi, en 1934, devenu « Hizb l’istiqlal », le parti patriote, le 10 décembre 1943, pour réclamer l’indépendance du pays qui était, depuis 1912, sous le « Protectorat » français!

Depuis, beaucoup d’eaux troubles istiqlalies ont coulé, et coulent toujours, sous les ponts du Royaume. Et les regrettés Allal El Fassi, « Zaim » de la première heure, Ahmed Balafrej, M’hamed Boucetta et d’autres ténors et militants anonymes, doivent se retourner dans leur tombe.

Le grand parti de l’Istiqlal n’est plus ce qu’il était et sa réputation est de plus en plus ternie par les agissements insensés d’énergumènes se voulant « hommes politiques » au service de leur parti, de leurs concitoyens et de la Mère-patrie. Le dernier acte de cette tragédie-comédie, cette mascarade éhontée, date de vendredi 29 septembre, lors de la séance plénière du 17ème Congrès du parti, à Rabat.

Et si « une image vaut mille mots », selon la sagesse chinoise, la vidéo postée sur les réseaux sociaux montre que les protagonistes de ce pugilat entre « frères » étaient tout, sauf sages. Les partisans du SG sortant, l’imprévisible Hamid Chabat, ex-maire de la capitale spirituelle, et ceux de Nizar Baraka, probable futur patron du PI, en sont venus aux mains. Coups de poing généreusement distribués fraternellement, chaises jouant au tapis volant et assiettes brisées en signe de tchin -tchin  pour trinquer, à la russe, à l’état de santé des camarades, dont certains ont été blessés et quatre transportés d’urgence à l’hôpital par ambulance.

Et cette scène hallucinante, ce comportement de sauvages, se sont déroulés sous les yeux incrédules d’invités « de marque », dont Nabil Benabdellah (PPS) et Abdelali Benkirane (PJD), ainsi que de ceux de représentants du corps diplomatique accrédité à Rabat et de l’ensemble des militants.

Allal El Fassi, Ahmed Balabrej, M’hamed Boucetta, réveillez-vous! Ils sont devenus fous! La Balance a un urgent besoin que ses pesées redeviennent justes, civilisées, paisibles, redorant le blason terni du PI et ne ternissant pas, et son image et celle du Maroc.

 

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