Les « musiques marocaines oubliées » seront à Paris

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À l’initiative de Gwenaëlle Kerboul, membre de l’organisation du festival Rock en Seine, et de Omar Mahfoudi, artiste plasticien, l’espace culturel de La Colonie met à l’honneur, le temps d’une journée, les musiques marocaines oubliées.

Par Olivier Rachet

Le Maroc est doublement à l’honneur, en ce moment, dans la capitale française. Au Point Éphémère où a lieu l’exposition du plasticien tangérois Omar Mahfoudi, consacrée aux adolescents d’un des quartiers de la médina de son enfance. « Tanjawi », curatée par Gwenaëlle Kerboul, se déplacera ensuite à Bruxelles, afin de venir faire un tour au Maroc, « dès l’année prochaine sans doute », nous annonce sa curatrice. Il sera question, d’autre part, des musiques marocaines, le temps d’un après-midi, à l’espace d’art fondé par l’artiste Kader Attia, La Colonie, lieu de débat, de conférences, fort d’une programmation culturelle relativement riche.

Cet espace de « savoir-vivre » et de « faire-savoir » conçu, selon les mots de son fondateur, pour que « les voix des subalternes viennent s’exprimer », aborde le plus souvent des thématiques en lien avec l’histoire coloniale et postcoloniale. D’où la rature mise en avant dans le nom lui-même. Des colloques abordent ainsi la question de la prostitution coloniale. D’autres seront bientôt consacrés à l’épineuse question de la restitution des objets confisqués par l’empire colonial français ou aux relations entre la science-fiction et le colonialisme.

Les musiques oubliées

L’idée d’organiser une journée d’écoute et de concert a débuté avec la découverte des différentes musiques traditionnelles marocaines enregistrées par l’écrivain et musicologue Paul Bowles, au Maroc, dans les années 50. « On est littéralement tombé amoureux de ces musiques », reconnaît Gwenaëlle Kerboul, en évoquant le label Dust-to-Digital, à l’origine du projet de réédition d’un coffret nous faisant voyager de Tiznit à Zagora, en passant par Marrakech, Tafraout ou Tamanar.

Les cultures nomades à l’honneur

Le samedi 30 juin, les visiteurs pourront entendre des extraits significatifs de ces morceaux, qui seront commentés par Omar Mahfoudi. « Ce sera l’occasion de réfléchir aux raisons pour lesquelles ces musiques avaient fini par disparaître », reconnaît Gwenaëlle Kerboul, ajoutant qu’on ne peut « dissocier l’aspect patrimonial de l’aspect politique. »

Mais la programmation ne s’arrête pas là puisqu’à l’issue de la rencontre, le groupe Génération Tanagalte offrira un concert acoustique. Ce groupe marocain autodidacte de culture nomade, qui chante en hassanya et tamasheq, organise chaque année un festival de musique, mais travaille surtout de concert avec de nombreuses associations. « Ils ont ainsi mis en place une Caravane pour la paix, précise Gwenaëlle Kerboul. Ils ont aidé des tisseuses de tapis à créer leur propre entreprise et ont aussi construit une école afin d’apprendre la musique aux jeunes. »

Au cours de ces deux dernières années, Omar et Gwenaëlle ont aussi rencontré le réalisateur Mohamed Ulad, réalisateur d’un film de référence sur l’écrivain beatnik Paul Bowles, « Un américain à Tanger » qui sera projeté lors d’une journée qui s’annonce substantielle.

Exposition « Tanjawi » de Omar Mahfoudi, au Point Éphémère à Paris, jusqu’au 24 juin. Visite guidée de l’exposition, en compagnie de l’artiste, ce samedi 16 juin, à 14h.

« Les musiques marocaines oubliées », Projection-Écoute-Rencontre-Concert, à La Colonie, le samedi 30 juin de 14h30 à 16h30.

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